Théâtre de l’apaisement : l’Art et la Science au bénéfice du bien-être et au service de la recherche.
Acte 1 : 1/3 (Eric Kabré)
Lancement lemercredi10 juillet du théâtre de l’apaisement à Manga par un test psychologique d’évaluation du niveau de stress .

S’inscrivant dans la grande famille du théâtre thérapeutique, le « Théâtre de l’apaisement » apporte une innovation majeure à travers une approche qui s’évertue à préserver l’authenticité de l’art et de son vis à vis, la science médicinale dans cette forme particulière de pratique artistique. Préoccupé (honorablement) par l’apaisement des traumatismes des déplacés internes,lesartistes professionnels d’une part et lespsychologues de l’autre, empruntent en effet au titre d’outils les rudiments des arts et des sciences, pour les (sou)mettre au service d’un mécanisme curatif. Bien que hautement probants et efficients, les arts thérapies dans leur large majorité semblent souffrir d’une tare ; celle de tant subordonner les disciplines engagées aux objectifs de la pratique, au point où l’on peine souvent à reconnaître quid de l’art ou de la science dans le processus. Le principal revers étant le caractère souvent aléatoire des résultats. Toutes choses qui justifient la vision du théâtre de l’apaisement, aussi connu en mooré comme « Pelen-sik -kuusem » engagé à :guérir non pas en se servantde quelques outils des arts et des sciences, maisen passant par une symbiose des arts et sciences.
A travers le projet : « Théâtre de l’apaisement » qui sur une durée de quatorze mois, dans la commune de GOGO dans le centre-sud, invite sur la même scène, le théâtre et la psychologie pour tenter de résorber les traumatismes d’une centaine de femmes victimes des atrocités de la situation sécuritaire que traverse le pays, l’IRTB soutenu par « Initiative Sahel » et ses partenaires, se lance dans un défi dont le discret bénéficiaire n’est nul autre que la recherche, qui elle est au service de tous.
En entendant la cérémonie de lancement officielle prévue pour le mois d’Août , l’IRTB (Institut de Recherche et de Théâtre du Burkina) avec l’appui du cabinet WASSA MYRIA, entame les ateliers du « Théâtre de l’apaisement » à Manga, sur le site de GOGO qui constitue sa localité pour la durée de la session.

Le concept qui consiste en une articulation de l’art à la science, à travers le mariage entre théâtre et psychologie, vise à accompagner aux moyens d’outils empruntés à ces deux disciplines, des personnes vivantes ou ayant vécues des traumatismes, de sortes à faciliter leur guérison.
Pour cette session, le théâtre de l’apaisement vise concrètement à travers la fusionner des savoir-faire artistiques et psychologiques à soigner les traumatismes de quatre vingt dix femmes sélectionnées dans les rangs des personnes déplacées internes dans la commune de GOGO. Il s’agit pour le projet d’accompagner les bénéficiaires à travers divers ateliers dans un processus de restauration énoncé autour de trois grand axes que sont ; l’apaisement et la guérison des traumatismes, la pratique artistique et l’entreprenariat. Le choix diversifié des activités qui seront exécutées dans la formule de la formation n’est pas anodin, puisque le projet entend non seulement guérir les traumatismes des participantes, mais veut aussi travailler, à restaurer leur dignité par le biais d’un projet de réinsertion sociale.
A l’honneur dans cette phase initiale, la psychologie. Quoi de plus sensé que de procéder par une prise de température pour débuter, puisqu’il est question de santé. C’est l’objet du test d’évaluation proposé par le cabinet Wassa Myria et supervisé par sa directrice, Mme Yvonne Ouattara.

Une première phase du projet pendant laquelle les exercices spécifiques interviennent entre les tests individuels pour mesurer le niveau du stress des participantes. Décliné sous forme de questionnaires, il permettra à l’issue de compiler les résultats sur le niveau de bien-être et partant de mesurer l’ampleur du traumatisme des femmes bénéficiaires dans le domaine cognitif, émotionnel et comportemental.
Cette étape primordiale du projet, en plus de donner son clap de départ est aussi celle qui servira à travers ses résultats, comme base de données, à la série des ateliers annoncés, pour enfin permettre d’entériner les aboutissements par le biais d’une prévisionnelle réévaluation à la fin de projet.
C’est autour de ces contours que le théâtre de l’apaisement entame son ambitieux parcours, déjà admirablement accueilli par les bénéficiaires, et dont la noblesse de la cause incite à une union sacrée autour des diverses activités à découvrir au fur et à mesure.
