Conçu et expérimenté sur le sol Burkinabé comme une solution aux nombreux défis que connaissent les populations en proie aux affres de l’insécurité, le concept du théâtre de l’apaisement n’a pas manqué d’attirer l’attention du monde, créant un besoin de s’exporter à l’international. Il est question par le biais de son concepteur Paul P Zoungrana Directeur de L’IRTB dont est issu le programme, de partager une expertise locale et endogène avec le reste du monde dans les domaines conjoints des arts et des sciences. Le concept qui pour le rappel ; s’inscrit dans le cadre de la recherche, allie les savoirs faire des artistes à ceux des scientifiques autour des questions de santé mentale, en vue non seulement renforcer les ressources, mais aussi de les contextualiser pour apaiser, et soigner les traumatismes. Auparavant détaillé dans un essai « Pelen-Sik-Kuusem » par son concepteur et disponible en librairie et sur AMAZON ; L’occasion d’aller à l’encontre d’un public plus large est donnée au théâtre de l’apaisement à travers la participation à la deuxième conférence HLASOHLED 2024,se tenant à Prague en république Tchèque le 9 novembre 2024.
Eric Kabré

De la conférence
le théâtre de l’apaisement fait son premier envol international dans le cadre de la grande Conférence Internationale HLASOHLED 2024.Se déroulant à Prague le samedi 9 novembre 2024 , pour sa deuxième édition, cet évènement a un objet qui constitue son centre d’intérêt ; il s’agit des innovations en matière d’ART Social dans le monde. La conférence se pose de ce fait comme la vitrine par excellence des nouvelles réflexions et pratiques portant sur les domaines concernés, leur permettant non seulement de s’exposer au reste du monde en tant qu’innovations, mais aussi de s’enrichir mutuellement par le biais des rencontres et des échanges. A titre d’illustration, sont entre autres présents à l’actuelle session ; Hana TURECKOVA POLANSKA de la République Tchèque avec son projet : L’influence de la danse sur le vieillissement cérébrale ; et DOMINIKA DOPIERALA avec le projet de Musique communautaire comme thérapie dans l’espace public.Ces projets s’inscrivant dans le domaine social se traduisent à travers des programmes de recherche fusionnant art et science en vue de bâtir de meilleures sociétés. Exactement le créneau dans lequel souscrit le théâtre de l’apaisement en tant que concept psychothérapeutique. D’où la participation de L’IRTB à cette conférence à travers l’exposé de son directeur.
De la participation de l’IRTB
A l’instar des autres intervenants à la conférence, la participation de l’IRTB avait pour objet de révéler le concept du théâtre de l’apaisement, en exposant avec des explications à l’appui ; ses principes fondateurs. Paul P Zoungrana qui dirige l’institut basé à Ouagadougou, a lors de son passage déroulé une présentation articulée autour de ces quatre grands axes ;
– Art & Traumas en tant que réflexion mère du concept du théâtre de l’apaisement.
– Le théâtre de l’apaisement lui -même et ses principes.

– Le processus de son expérimentation sur le terrain.
– Les perspectives pour le concept et sa pratique.
Le concepteur du programme a pu ainsi à la faveur de cette présentation ; non seulement exposer les fondements théoriques du processus, mais aussi partager les résultats pratiques d’une session en cours au Burkina Faso au bénéfice d’une centaine de femmes sélectionnées dans les rangs des milliers de personnes déplacées internes, sinistrées par la crise sécuritaire. Un autre aspect du processus, abordé qui ne fut pas des moindres, est sa valeur scientifique étayée par les chiffres issus des études de la session. L’étroite collaboration avec le cabinet de psychologie Wassa Myria dans le cadre de la conception et de la mise en œuvre du programme du théâtre de l’apaisement a en effet permis de produire des données à caractère scientifiques. Répertoriés et consignés sous divers formats, ces chiffres constituent à la fois, l’indexe du caractère opérationnel du programme, et l’indice de son impact sur le public concerné. Le cas en expérimentation en cours permet à titre d’explicitation de lire les résultats suivants concernant un test d’évaluation du niveau de stress traumatiques des bénéficiaires, effectué en deux temps ; à l’entame et à la fin de la première phase du processus.
Ainsi sur un échantillon de 93 personnes (les bénéficiaires de la session) ; au départ des activités 36 (39%) ont une situation traumatique de niveau 4 (extrême) ; 22 (24%) de niveau 3 (sévère) ; 23 (25%) de niveau 2 (préoccupant), contre seulement 12 (13 %) pour les cas acceptables. Le test reconduit à la fin de la première phase montre une baisse généralisée du niveau de stress dont le niveau 4 (extrême) disparaît du tableau, ne laissant figurer que 5 % de l’échantillon sur le niveau 3.
L’exposé appuyé des résultats met ainsi en exergue un programme accompli et prêt à voyager à l’encontre de personnes nécessiteuses.
Des perspectives du théâtre de l’apaisement
le désir d’aller à l’encontre du public constituait l’objet développé dans le dernier point de la présentation. Déroulée sous le sous-thème de perspectives du théâtre de l’apaisement ; cette partie de la réflexion met en lumière à la fois les aspirations et les projets portés autour du programme du théâtre de l’apaisement, qui s’exposent principalement sur deux grands axes. D’une part se présente la nécessité de poursuivre le déploiement autant du concept, que de sa mise en application à travers notamment des programmes de formations qui permettraient la transmission du projet en tant que compétence à d’autres acteurs du sahel en crise. D’une autre part, le directeur ayant égard au caractère universel de la question centrale du programme ; la santé mentale ; ne manque pas de souligner le besoin de l’exporter. Le canevas pour un tel projet se focaliserait sur les ateliers, les conférences et les formations à travers lesquels le théâtre de l’apaisement, tout en se proposant comme solution aux souffrances mentales de par le monde, serait en retour dans la dynamique de s’enrichir davantage des expériences rencontrées.

Il s’agit en tout état de cause d’une contribution salutaire de l’Afrique dans le vaste domaine de la recherche dans le monde, dont peut-être fière le Burkina Faso, qui signe son acte de naissance. Il paraît cependant tout aussi important de notifier à l’heure où ce projet prend cet envol international qu’il se pose aussi comme un défi pour toutes les structures concernées qui sont interpellés sur le devoir de se l’approprier et de l’accompagner dans son combat pour l’avènement d’un monde meilleur.