
Porté par la Compagnie Théâtrale Mun Nana, monté et diffusé sur les plateaux de Grâce Théâtre, le spectacle « Les confessions d’une muette », a été présenté au public lors d’une soirée de première le mercredi 10 juin 2026. Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle de l’auteur Justin Stanislas DRABO, à laquelle la pièce emprunte aussi son titre. L’artiste derrière l’œuvre, Karidia BARRO, comédienne et conteuse en est à son coup d’essai en tant que metteuse en scène.

Pour l’occasion elle a bénéficié de l’accompagnement du programme formation de metteurs en scène « COMPAGNONNAGE », initié, et piloté annuellement par l’Institut de Recherche Théâtrale du Burkina (IRTB) depuis 2024. L’équipe de production s’installe ainsi sur la scène de la compagnie Grâce théâtrepour une série de quatre jours de diffusion étalés du 10 au 13 juin 2026.
Le récit suit sur scène les mésaventures de la jeune Geneviève, affectivement appelée Djéné par sa tante, qui partie d’une enfance malheureuse dans les confins d’un orphelinat, peine à trouver sa place dans une société dont elle ne dispose pas des codes de conduite. Tantôt exploitée, tantôt en proie à ses propres écarts du fait de son jeune âge, Djéné erre et semble coltiner toutes les misères des circonstances de son périple. Distribué entre trois acteurs, le spectacle montre une mosaïque de ses séjours, auprès notamment de sa tante et du père Quentin, desquels la jeune fille ressort embourbée dans des relents de trahison. La scénographie épurée et minutieusement calculée, jointe à une assistance technique maîtrisée, constitue non seulement, le témoin d’une excellente construction, mais aussi le gage d’un spectacle fluide qui parvient à ne pas rater son sujet. « Les confessions d’une muette » relève le défi de rendre un narratif éloquent dans un décor peu encombré, qui fait la part belle au comédiens.
La mise en scène a dans le même élan favorisé un style vestimentaire évocateur, excellemment rendu par des costumes qui marquent les séquences et renforcent les rendus des émotions. Le spectateur découvre un histoire essentiellement dictée par les scènes elles-mêmes, qui dans leur défilement ne sont articulées que par des transitions musicales et lumineuses bien choisies et bien travaillées. Une des rares faiblesses de cette adaptation réside dans une difficulté apparente à se distancier du texte de départ dans une certaine mesure, comme en témoignent quelques discours « off » prolongés et des breaks, qui peuvent handicaper le jeu d’acteur en le subordonnant à un besoin marqué de plaider.

Les confessions d’une muette se pose dans son ensemble comme un succès qui, a plus d’un titre vaut le détour. Le problème de fond de l’éducation y étant brillamment traité par des acteurs engagés.
