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VIEILLES FILLES : Wendy Naré relève haut la main son défi de mise en scène.


Diffusé sur trois jours à partir du 25 Juin 2026, et porté par la compagnie théâtre éclosion ; VIELLES FILLES est une adaptation de « Maquillage « de VAGBA OBOU DE SALES ; effectuée par NARE Wendaabo Landry. L’espace Gambidi a prêté sa scène pour la création et la diffusion de cette œuvre qui est aussi bénéficiaire de la deuxième session du programme de formation de metteur en scène COMPAGNONNAGE de l’IRTB.

La pièce tenue sur une centaine de minutes par deux comédiens expérimentés, braque son projecteur sur le vécu social d’Isabelle, une jeune avocate à succès comme en témoigne son train de vie luxueux et les innombrables distinctions qui tapissent les murs de son opulente résidence. Sa réussite professionnelle ne suffit cependant pas à combler sa vie comme elle s’y attendait, car elle est seule. À l’exception de son fidèle mais impassible majordome sur qui elle évacue tout le poids du regard social porté sur son célibat prolongé. Affirmée et consciente de sa valeur, Isabelle se refuse au mariage de convenance en cours autour d’elle, mais navigue à vue entre sa fierté et la nécessité imposée par la pression sociale. L’histoire déployée dans le cadre unique de la villa de la jeune avocate se présente telle une confession ponctuée de complaintes à l’endroit de la société, prenant en témoin silencieux son malheureux et affairé domestique qui n’aura droit au pupitre qu’à l’occasion d’une inflexion dans le récit.

L’histoire posée dans ce cadre réduit bénéficie d’une scénographie dégagée qui facilite le déplacement des acteurs tout en parvenant à rendre parfaitement le contraste de confort et d’austérité qui cohabitent dans une vie remplie de questionnements. Cette sommaire reconstitution de l’intérieur d’un salon est agrémentée par une lumière qui renforce les divers effets recherchés dans chacune des scènes de la pièce. Les comédiens pour leur part demeurent avec les costumes ordinaires de scène de ménage, adéquats et suffisants avec leurs performances personnelles pour rendre les émotions qui fluctuent et s’entremêlent sans trêve.

L’on découvre une maîtrise de la scène de la part des comédiens, qui couplée à la pertinence du sujet fait oublier la longueur du spectacle. De plus, la consistance des récits des deux acteurs, leurs divergences qui reflètent leurs profils font de leur complicité un délice pour les yeux. Le pièce crée l’agréable surprise de montrer deux êtres peinant à s’insérer dans la société, et qui vont en collaborant se découvrir l’un, autre autant qu’ils se redécouvrent eux-même. Vieilles filles demeure une analyse profonde sur un sujet qui se retrouvent sur toutes les lèvres mais qui ne trouve que très rarement l’occasion d’accéder aux cerveaux. On regretterait un peu que l’adaptions se limite à un tableau avec une structure de texte qui en suggérait au moins deux, et aussi selon les sensibilités, une fin brusque qui ne résout pas les personnages que l’histoire a pourtant si bien développé.

L’équipe cependant est à saluer à tout point de vue pour un succès ; la technique pour avoir su parfaitement accompagner la performance sans faille des comédiens ; et la metteuse en scène qui pour une première expérience obtiendrait une note d’excellence.

« Les confessions d’une muette » un pari tenu et un mérite pour Karidia BARRO en mise en scène.

Porté par la Compagnie Théâtrale Mun Nana, monté et diffusé sur les plateaux de Grâce Théâtre, le spectacle « Les confessions d’une muette », a été présenté au public lors d’une soirée de première le mercredi 10 juin 2026. Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle de l’auteur Justin Stanislas DRABO, à laquelle la pièce emprunte aussi son titre. L’artiste derrière l’œuvre, Karidia BARRO, comédienne et conteuse en est à son coup d’essai en tant que metteuse en scène.

Pour l’occasion elle a bénéficié de l’accompagnement du programme formation de metteurs en scène « COMPAGNONNAGE », initié, et piloté annuellement par l’Institut de Recherche Théâtrale du Burkina (IRTB) depuis 2024. L’équipe de production s’installe ainsi sur la scène de la compagnie Grâce théâtrepour une série de quatre jours de diffusion étalés du 10 au 13 juin 2026.

Le récit suit sur scène les mésaventures de la jeune Geneviève, affectivement appelée Djéné par sa tante, qui partie d’une enfance malheureuse dans les confins d’un orphelinat, peine à trouver sa place dans une société dont elle ne dispose pas des codes de conduite. Tantôt exploitée, tantôt en proie à ses propres écarts du fait de son jeune âge, Djéné erre et semble coltiner toutes les misères des circonstances de son périple. Distribué entre trois acteurs, le spectacle montre une mosaïque de ses séjours, auprès notamment de sa tante et du père Quentin, desquels la jeune fille ressort embourbée dans des relents de trahison. La scénographie épurée et minutieusement calculée, jointe à une assistance technique maîtrisée, constitue non seulement, le témoin d’une excellente construction, mais aussi le gage d’un spectacle fluide qui parvient à ne pas rater son sujet. « Les confessions d’une muette » relève le défi de rendre un narratif éloquent dans un décor peu encombré, qui fait la part belle au comédiens.

La mise en scène a dans le même élan favorisé un style vestimentaire évocateur, excellemment rendu par des costumes qui marquent les séquences et renforcent les rendus des émotions. Le spectateur découvre un histoire essentiellement dictée par les scènes elles-mêmes, qui dans leur défilement ne sont articulées que par des transitions musicales et lumineuses bien choisies et bien travaillées. Une des rares faiblesses de cette adaptation réside dans une difficulté apparente à se distancier du texte de départ dans une certaine mesure, comme en témoignent quelques discours « off » prolongés et des breaks, qui peuvent handicaper le jeu d’acteur en le subordonnant à un besoin marqué de plaider.

Les confessions d’une muette se pose dans son ensemble comme un succès qui, a plus d’un titre vaut le détour. Le problème de fond de l’éducation y étant brillamment traité par des acteurs engagés.